Dgé Team

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21 décembre 2009

Récit du Raid Mongolie Chine


En fait, l’histoire de ce raid en famille commence… en octobre 2008.

Insuffisamment remis de mon opération cardiaque de la fin janvier, je dois renoncer à partir en Tunisie sur le raid d’Eric Augier. Le moral à zéro, je lance un jour, un "ok, mais le prochain raid, on le fera tous les 4, avec 2 voitures ! ". Sylvain et Julie ont entendu… et le challenge a fait son chemin !

mong000Entre temps, la deuche de raid de l’ami Michel était déjà en chantier… promise depuis longtemps   ! Même si Michel met beaucoup de bonne volonté, Sylvain étant à Paris, cela faisait beaucoup à faire pour bibi… pas vraiment au top !

Après les beaux discours est venu le temps des choses matérielles : quand PPP a enfin annoncé les tarifs du raid Mongolie Chine 2009, début janvier, on a d’abord tourné la page, estimant la chose impossible. Trouver un budget de 12000 euros par voiture, ça frisait le ridicule… En plus, beaucoup des meilleurs spécialistes ont jeté l’éponge ! Toulousains, Marseillais et Parisiens du club de Sucy… sans eux, quel intérêt ?

D’un autre côté, après être passé pas loin, je fais partie maintenant du club de ceux qui veulent en faire un maximum, tout de suite ! Plus le temps d’attendre…


Et puis, les aventures insensées étant les meilleures, un peu en cassant la tirelire, un peu en empruntant, et beaucoup en comptant sur les sponsors potentiels… le défi était parti !!

On a innové aussi, avec le blog, le fan club des dédicaces sur le toit, des gars nouveaux pour ramener des images… et des partenaires nouveaux qui ont renforcé les amis fidèles.

mong00Le défi mécanique a été le plus dur à relever… j’y ai même laissé quelques plumes en juillet !

Nous raccourcir le délai d’un mois… c’était vraiment vache, ce coup là ! Du coup les voitures sont parties en vrac, sans avoir été essayées et fiabilisées. Le truc à ne jamais faire en raid !

Les amis Willy et Ringo nous ont donné un coup de main déterminant sur la fin.

Puis 2 mois d’attente, et tout s’accélère le 8 aout : le formidable mariage de Jérémy à Baigts, les tontons Blues, tgv Roissy et Paris-Pékin dans la foulée !

Sylvain est fiévreux. On le  bourre de cachets pour faire baisser la fièvre avant les fameux détecteurs Chinois… qu’on évite grâce à une hôtesse chinoise hors normes. C’est elle qui nous fera sauter tous les nombreux verrous qui jalonnent le parcours des transitaires sur l’aéroport de Pékin… et qui nous permet de chopper in extremis l’avion China Airlines pour UB de 7h30 sur l’autre aérogare… Au bout d’une course folle, on rentre dans l’avion 10minutes avant le décollage. Eric, Nadjia, Johnny et Cath sont là avec d’autres…. c’est gagné !!

mong01Et voilà comment on se retrouve vers 11h du matin, ce mardi 11 aout 2009, sortant de l’aéroport d’ Oulan Bator, innondés de soleil et d’une joie qui nous fait fondre en larmes… on y est !! Tout le reste à partir de ce moment sera du bonus...

Le récit qui suit est évidemment personnel et partial… il retrace notre vision du raid, chacun ayant heureusement la sienne. Je dirais même que c’est le récit de Dgé… Cath et Julie ne partageant pas forcément ma passion pour la partie « course » du raid 2cv PPP.

mong05Nous retrouvons nos deuches intactes au pied de l’hôtel Bayangol, au centre d’Oulan Bator. Il y a beaucoup de choses à faire alors que nous aimerions plutôt souffler… mais bon, c’est parti pour le collage des dédicaces sur le toit et des pubs sur les voitures, rangements, mécanique et préparation des gps, trips, road book… briefing du Doc et dodo… on est crevés et Sylvain Julie et Cath sont malades, sous antibio ! ça commence fort !


 

 

Mardi 11 Aout, monastère de Gandan, UB

 


mong0Le départ du raid est donné après une visite au grand Bouddha et le rituel de rigueur Mongol avant un grand voyage : on boit tous le lait, et le rétroviseur de chaque deuche est désormais entouré du foulard bleu porte bonheur.

Sylvain part déjà vite et nous perd à la sortie d’UB. Goudron pendant 80 kms et première alerte sur la 30 qui pétarade : verdict, alternateur. André Rabiller nous dépanne avec un neuf.

On croise des troupeaux immenses de chèvres et de chevaux. Le paysage est vert et grandiose.

Puis le goudron s’arrête… on ne le reverra qu’en Chine !

Les pistes jaillissent de partout, s’écartent et se retrouvent, menant toutes au même point, là-bas sur l’horizon. On fait un peu les fous en se tirant la bourre en parallèle… le pied !!

On découvre nos voitures, qui roulent plutôt bien…

Nous sommes surtout heureux d’être là et de retrouver nos amis René et Sylke et Johny et Cath. Bien sûr entourés de la bande sudiste avec Eric et Nadja, Yves et Brigitte, Michel et Francine, François et Françoise, Antoine et Bernard et Yep, au top de sa forme !


mong02La première spéciale arrive déjà… l’heure de vérité ? Allons-nous être dans le coup face à Eric, Yves et Johnny ?? Et ceux qu’on ne connaît pas… Evidemment, on est pas trop prêts, comme beaucoup !

10 kms à priori faciles. On se perd un peu au début, puis ça n’avance plus !! Crevaison avant gauche… on termine comme ça… 4ème temps, c’est bon ! Eric nous met quand même 2min30 dans les gencives ! Michel formidable 3ème temps me sidère pour un débutant ! Sylvain 9ème temps à 4min30 perd un peu de terrain… mais je suis bien content de ce début prudent…

Yves a jardiné et n’est que 7 ème. René en panne de gps perd 15min.

mong03On change les roues et je décide de mettre mes 145 devant… comme toujours… la suite ira beaucoup mieux !

Ensuite, Sylvain est accablé par cette panne électrique qu’on arrive pas à cerner : alternateur, régulateur, batterie… ça pétarade. Finalement, on arrive dans les derniers au départ de la 2ème spéciale du jour. Je pars en premier, espérant que Sylvain arrivera au bout des 10 kms de Zagal.

Ça va super bien, Cath navigue au top et on finit second à 27 sec derrière Eric.

L’arrivée est devant le Ger Camp du soir… on y attend la 30 qui n’arrive toujours pas.

Sylvain est tombé en panne au bout de 5 kms… on trouvera bien plus tard une erreur de fil dans le faisceau mong04électrique. Finalement, ils écopent d’une petite pénalité de 5min plus le temps du dernier, comme Liermain… cette règle non écrite prévaudra pour les autres spéciales. Johnny, Michel et Yves suivent de prés au classement.

Au soir du premier jour, Eric a déjà plus de 3min d’avance… mais on est vraiment contents de la voiture et du moteur notamment. Merci Koma ! Sylvain est à 25min et très déçu… je m’en veux de n’avoir pas su trouver cette panne électrique : en fait, entre le départ de Mios en juin et ce 12 Aout en Mongolie, la batterie n’a jamais été rechargée… il fallait bien que ça coince un jour !! Chapeau entre parenthèse pour ces petites batteries ultra performantes.

En tout cas, sa voiture est une vraie bombe, très facile à piloter… peut-être la plus véloce du plateau.

Ce soir est notre premier contact avec un campement de yourtes : propre et chaleureux, on se sentirait vraiment bien si les malades allaient un peu mieux : ce n’est vraiment pas le cas… car Julie est à son tour en pleine fièvre… et Cath aussi !!

Espérons que la nuit sera bénéfique !

 

Mercredi 12 Aout, petit Mongol Els

 


Aujourd’hui, l’étape va nous mener jusqu’à Karakorum, soit 114 kms.

Le parcours est toujours aussi verdoyant et plein de troupeaux. Des pistes multiples et des cavaliers Mongols vraiment très rapides qui font parfois un petit sprint en parallèle avec nos deuches. Une étape a priori facile et courte, avec une spéciale de 30 kms (petit mongol els).

En fait, elle fera beaucoup de dégâts, autant par l’accident de Yves que par les polémiques de cette arrivée raccourcie et manquée par nous, notamment…

mong06Tout commence par un départ un peu sableux, avec des enfilades… on se perd bêtement après une ferme et arrive un passage de sable mou où tout le monde se plante, dégonfle et se fait pousser… notamment par un Pierrot impérial ! On partait 4èmes, derrière Eric, Yves et Johnny. Dans le sable, arrêt dégonflage, poussette et arrêt regonflage à la sortie, où nous sommes rejoints par Antoine.

Après, c’est à fond à fond dans des enchainements entre les touffes d’herbe, sur une piste très roulante. Puis, on arrive au CP tenu par la famille Ricourd… Tampon et… aucun mot sur l’arrivée qui a été avancée de 4kms… et qui se voit de là… à condition de pouvoir lever la tête au bon moment vers le haut de la colline.

craschyvesNous sommes polarisés par la sortie de l’oued plutôt à sec qui suit le CP… car aussitôt après, la case C3 page 17 du road book signale une piste à gauche en pointillés au cap 220°… le genre de truc qui demande de la concentration… On sort de l’oued, et très vite après, on trouve une piste qui part à gauche, pile au cap 220°… y'a des traces... l’image suivante n’est pas vraiment exacte, mais l’autre après est bonne, le cap aussi… on fonce !! 500m après, on aperçoit des crevasses sur la piste et surtout Yves et Brigitte crashés… Yves est debout, nous fait signe que tout va bien et de filer par la gauche… on trace… arrivés au kilomètre 30,7 on cherche l’arrivée qui devrait se trouver là… on tourne à yep1droite, à gauche, rien à l’horizon. Johnny est là depuis 3min, lui aussi fulmine à chercher un truc introuvable. Girod Roud idem. Le problème est qu’on trouve pas Eric !! Un truc à faire péter un tuyau !!

Nous ratissons le coin… en vain !

Jamais l’idée de prendre la spéciale à l’envers ne nous a effleuré l’esprit. Un tort ??  Perso, j’ai une culture Rallye TT… et ça, c’est vraiment interdit, de chez interdit ! Deuxio, nous étions certains d’avoir bien suivi le road book… et une arrivée modifiée est toujours annoncée par l’organisateur… au pire par le CP.

Nous décidons donc de tracer vers Karakorum, en pensant à un problème possible avec l’équipe en charge de l’arrivée… mais franchement, on est dans le brouillard complet ! Johnny et Cath ont filé devant, on suit mollement en se posant plein de questions.

La vérité est que nous sommes passés 100m en dessous de l’arrivée, avancée en raison de cette crevasse dangereuse. Yves en a fait les frais… on apprendra après qu’il est blessé au genoux et aux côtes, c’est pas drôle. Brigitte s’en sort sans bobo. Il faut dire que le point GPS de cette arrivée est conforme à celui du road book… mais franchement facile à rater, surtout pour les premiers qui n’ont pas bénéficié d’un guidage préalable… youtekarasauf Eric qui fait encore un sans faute. Chapeau !

Vincent a tout de même eu la présence d’esprit de prendre le temps de passage des véhicules concernés… et bien sûr, la prise en compte de ces temps plus ou moins précis par l’organisation n’a pas vraiment plu à bon nombre de concurrents… car ne pas passer par une arrivée entraîne logiquement un déclassement. Sauf que là, c’était vraiment très spécial ! Donc tension… et gueule de certains équipages, souvent peu intéressés par la partie course du raid ! On nous a même dit que nous avions étudié ce raccourci sur google earth !!

Il faut dire que notre obsession, avec Cath, est de ne pas nous perdre… ce que nous faisons tous les jours par un manque flagrant de maîtrise du GPS.

….alors la préparation des spéciales sur google earth…. wouarffffff !!!

La logique aurait voulu que le conseil des sages se réunisse pour en débattre et tranche le soir même et une fois pour toute avec l’organisateur : il n’y a pas eu de réunion… d’ailleurs aucune pendant le raid, ce qui est à mon avis lamentable… le résultat n’a pas été bon pour l’ambiance du raid durant les jours suivants avec certains concurrents du style grincheux.

Au final, le Doc tranche, comme toujours. On adhère ou pas…. on fait les raids PPP ou pas…

Il y a parfois des erreurs, notamment de chronométrage (Patagonie). Là, sur la Mongolie, les temps ont été plutôt bien, et Pierrot, malgré des problèmes de cordons, a su jouer de l’ordi pour balancer les bons classements, presque tous les jours.

Donc au soir du deuxième jour à Karakorum, Eric mène avec 6min d’avance sur nous… Sylvain remonte et Michel est toujours dans les 5 premiers !

Le Doc soigne Yves, mal en point, dont le genoux est énorme et les côtes douloureuses. Piquouse et gros bandage au genoux, personne ne pense qu’il va pouvoir repartir demain au volant… la journée de repos sera la bienvenue !

Le campement de yourtes est magnifique. On a été accueillis comme des rois par les employés du camp en costumes Mongols… qui nous attendaient depuis des heures.

La vallée est verte et ça galope de partout. Ici, les chevaux sont rois ! On boit quand même quelques bières pour faire retomber la pression… Le ciel est immense, un spectacle inconnu chez nous. Non loin, on perçoit le chant de la rivière Orhon qui apporte la vie à cette vallée. Qu’on est bien ici, à Karakorum !

Dodo dans une yourte confortable, toujours avec les 4 petits lits disposés en rond et le poêle à bois au milieu pour l’hiver.

 

Jeudi 13 Aout, Karakorum


La boucle de Karakorum prévue aujourd’hui est jugée trop cassante et devient facultative.

On hésite. Faire l’impasse sur le temple de Karakorum et sur la mécanique ? Vu l’état pas brillant des malades, on décide de rester là et d’en profiter un peu !

Eric, Yep, André, Hubert et les Suisses feront cette boucle, compliquée par de fortes pluies et quelques passages de gués costauds.

Pour les autres, on dira que ce jeudi est une journée de repos.

kara1Le gros de la troupe consacre la matinée au temple Boudhiste de Karakorum. Entouré par une enceinte rectangulaire immense, ce lieu est magique. On imagine Genghis Khan et son armée de cavaliers rassemblée dans cette enceinte… il reste peu de choses à vrai dire de ce temps-là… mais à bien écouter le vent, il nous souffle des bruits de bottes, de hennissements, de galops… les moines perchés sur leur pitayre soufflent eux aussi, mais dans des coquillages, pour appeler à la prière. On se fait tout petits pour assister dans une pièce, plutôt petite, à une cérémonie Boudhiste, un peu envahie par les touristes présents… En quittant cette enceinte, on grimpe en deuche, au sommet d’une colline qui domine la vallée de l’Orhon. Là haut, un grand monument kara2commémore les conquêtes de Gengis Khan, qui partait de là, via la vallée de l’Orhon pour envahir l’Europe. La vue est magnifique sur cette vallée verdoyante occupée par de nombreux troupeaux de chevaux et de yacks.

Après-midi mécanique : confection d’un filtre à air de fortune pour Sylvain qui a perdu le sien dans la dernière spéciale… et révision de l’allumage et des hauteurs de caisse pour la notre. La voiture accidentée de Yves est réparée. Lui boite sévère, et ne devrait pas repartir au volant demain...

Le soir les cuistots tuent une chèvre et nous la prépare à la mongol, avec des pierres brûlantes rajoutées dans le ventre kara3recousu…b eaucoup de travail pour un résultat que nos palets apprécient du bout des lèvres !

La soirée restera dans les annales avec un concert surprise d’un groupe Mongol époustouflant de technique musicale. Chants de gorge et mélodies classiques mongoles nous accompagnent encore aujourd’hui grâce à leur CD, carrément dévalisé par les concurrents sous le charme.

Dodo dans de belles yourtes, avec toujours sanitaires impeccables et douches chaudes.

Petit progrès chez nos malades… mais ça tousse encore tés fort !

 

Vendredi 14 Aout, Karakorum


Départ du camp et première traversée de la rivière Orhon 3 kms plus loin.

Yves est au volant de Toutalu… chapeau !!

On met les caches sexes… Il y a du bouillon, ça va être chaud ! René s’est noyé dans le courant et prend ça à la rigolade, surtout Sylke ! Nous 5n1passons bien, mais Sylvain et Michel y restent, allumage coupé net… jolie préparation !!

Une fois sorties, on met les 2cv en pente pour vider toute la flotte qui crache par le chassis.

René a de l’eau dans les cylindres… c’est marrant de la voir jaillir après avoir enlevé les bougies ! Tout le monde repart vers un deuxième gué dans lequel on va planter les 3 voitures du team… merci les 4X4 ! ...et un dernier pour la route, rebelote et dix de der… j’ai de l’eau dans les chaussettes ! Va falloir réviser ce point… si on veut traverser l’Amazone en 2011 !!

La caravane suit ensuite la belle vallée de l’Ohron, verte et 5n2fertile, parsemée de yourtes et de troupeaux, habitée par des Mongols toujours prêts à accueillir l’étranger de passage.

On passe par des cols et des immenses vallées grandioses… c’est beau !

Au bout de 174 kms, départ de la spéciale longue de 56 kms.

Il faudrait y faire quelque chose pour revenir un peu sur Eric… sait on jamais ?

Les 30 premiers kilomètres sont parcourus à fond, ça va vraiment bien ! La piste est belle droit devant… et on fait des pointes à 120… mais l’aiguille du gps tire soudainement à gauche à 90°… que se passe-t-il ??... On a pas vu de piste partant à gauche, et le trip est décalé, ce qui fait que Cath ne 5n3sait plus à quel saint se vouer avec le road book !! Que faire ?  On décide de partir hors piste à gauche, en suivant la flèche, cette fois bien droite devant nous !! ...mais ça se complique, avec des rochers et un champs de mine de cailloux pointus… on peut pas continuer par là !! On va tout casser… Arrêt, je jure fort, ça fait du bien… on souffle, on refait un point en essayant de se calmer… rentrer le point gps suivant qui nous ramène vers le CP …  et 10 min encore de hors piste dans des cailloux méchants.

On crève, mais la piste quittée il y a 20 min est là, enfin, et le CP aussi, avec Pierre et Gilbert.

Arrêt juste après pour changer la roue… long, long, car je me trompe de taille de roue… les jaunes du YDT passent avec Yep… et nous repartons enfin !! On va prendre cher, c’est sûr !! Assez vite, on redoublent les jaunes et la fin est parcourue avec Yep, non sans nous perdre à nouveau…. et finir en trombe !

Sylvain et Julie finissent 2ème à 1min25 d’Eric… bravo les jeunes, sans trip + Gps en panne.

Johnny et Cath ont fait un tonneau sans bobos… mais la caisse a souffert… et ils perdent 1h.

Nous finissons 18 minutes après Eric… la messe est dite !! Il ne reste plus que Yves pour aller chercher Eric… mais il est handicapé et a baissé le rythme.

Sylvain m’expliquera plus tard que toutes les flèches du Gps ne sont pas bonnes à suivre … et qu’en cas de doute, il faut toujours aller voir plus loin que le bout de son nez !

La leçon a été retenue…

Le soir au campement, les carrossiers s’affèrent autour de la voiture de Johnny qui est remise en ordre de marche. On répare des roues. Apéro jaune sympa juste avant que le vent se lève !

On se met à l’abri dans les yourtes pendant l’orage violent… repas serré et dodo.

 

Samedi 15 Aout, Arguut

 

Encore de la mécanique pour beaucoup ce matin, sous le soleil cette fois ! Avec Johnny, on termine la réparation de sa caisse, vraiment très chiffonnée !

Nous descendons maintenant plein sud vers le Gobi. La végétation devient maigre et rare.

Les chameaux remplacent les chevaux, plus rares. On traverse des villages plutôt déserts.

Pompes à essence quand même, mais indice d’octane à 80… les boules.

La spéciale du jour fait 21 kms… très roulante, avec des jumps et quelques lits d’oueds à sec que l’on passe vite, sans problème de nav !! Le meilleur temps est au bout, à  101 km/h de moyenne… On est super heureux de battre l’ami Eric de 27 sec et Sylvain 3ème à 1min17…

Michel 9ème est toujours bien placé au général.

On arrive au Ger Camp Goby Discoverry, au pied des dunes majestueuses, non sans avoir raté le Nadam prévu par l’organisateur… qui aura lieu en fait le lendemain.

Plus beaucoup de vie par ici, le sable et la caillasse à perte de vue. Les dunes paraissent infranchissables tant elles sont hautes et pentues. Comment va-t-on passer ce cordon demain ??

En tout cas ce long cordon de dunes blanches qui se dresse devant nous est superbe.

La soirée est magique en tout cas, avec un ciel qui me rappelle le Sahara vers Tamanrasset… la pureté absolue !

Les repas du soir annoncés comme maigres en Mongolie, se révèlent plutôt copieux… et rares seront les concurrents à fondre durant ce raid, il est vrai terminé en Chine !!

Nos malades se retapent peu à peu… mais c’est pas encore la grande forme… y'a que le padre qui soit passé au travers, jusque là !

Dodo dans nos yourtes douillettes…

 

Dimanche 16 Aout, Gobi

 

Nadam ce matin. Lutte mongole et course de chevaux montés par des enfants. JPL trône sous la tente officielle avec les caïds du coin. Devant eux, des plats de gras de mouton et du fromage bizarre. Tournée de lait fermenté de rigueur… du bout des lèvres !! Faut vraiment être entrainés pour ingurgiter tout ça…

La caravane part en retard, vers 11heures, ce qui pour une journée difficile de dunes n’est pas vraiment indiqué. Le sable va être mou.

Très vite tout le monde se plante, pousse, tire, dégonfle… et passe le cordon de dune par un passage tout de même faisable en deuche.

On débouche ensuite sur des collines empierrées, des gorges avec de gros rochers noirs qui contrastent avec les dunes presque blanches. On se croirait au Maroc.

Casse croûte dans les gorges, toutes les deuches sont là.

La spéciale est raccourcie, amputée de sa première partie dangereuse entre les rochers.

Nous voilà donc au départ de la fameuse épreuve du Gobi !

Seulement 3 kms… mais tout le monde sait que l’on peut perdre où gagner gros, sur ces 3 petits kilomètres…

Neuf cent mètres de chemin caillouteux,nEUF cents mètres  suivis du fameux cordon de dunes…

On laisse partir les concurrents, ne sachant quelle option prendre pour le gonflage.

Finalement, je décide de partir à 500 grammes, quitte à ralentir durant le premier kilomètre.

Sylvain part à 1,5 , comptant dégonfler avant les dunes. Il part et on le suit 2 minutes derrière.

Malheureusement, il est planté dès l’entrée des dunes, plutôt gravement et loin du 4X4 tracteur… On passe à bloc devant, pas question de s’arrêter là… et tout ira bien pour nous jusqu’au bout… même en frôlant Marie Laure et Gérard, plantés dans la trace au sommet d’une bosse… au bout, meilleur temps devant Johnny, retardé par un 4X4, à 10s et … Eric à 25sec.

Derrière, les écarts sont énormes. Yves est à 11mn, Antoine à 25 , Sylvain et Michel à 40mn…

On est contents… et déçus pour les enfants et Michel qui prennent lourd.

C’est pas tout ça, mais il nous reste un brin de route… et l’après-midi est bien entamé !!

Il y a de la casse et JPL décide de rester dans un bled, prés d’une station service pour réparer une boite. Nous filons vers les fameuses gorges que nous atteignons quand la nuit tombe.

Il y a les 3 du Dgé Team plus Johnny, sans phare depuis son tonneau. Michel à son tour tombe en rade de phare, avec des soucis de charge. On roule au pas dans l’eau du ruisseau, dans la nuit noire, à touche touche, entre les falaises étroites… c’est magique, mais c’est long, et au bout d’un moment on doit s’arrêter pour essayer de réparer, car la batterie de Michel est à sec. Nous passons un moment avec Johnny à retirer des lignes avec du fil électriques, et ça remarche ! On s’aperçoit alors qu’il est tard, qu’il nous reste encore 100 kms... et qu’on est tous rincés de fatigue.

La décision du bivouac immédiat sur place s’impose !! C’est une règle d’or du raid : quand la nuit tombe et qu’on se trouve en galère… il vaut mieux s’arrêter… surtout qu’il y a du monde derrière !

Les 2cv sont rangées juste à côté de la piste, sur un espace idéal pour y monter les tentes. Je pars à la recherche de bois pour faire une flambée pour se réchauffer… rien par ici… on fera avec des touffes sèches de plantes (style lavande), un magnifique feu dans ces gorges humides et noires. Manque plus que les loups ! Les tentes sont montées, petit apéro et dîner autour du feu. Soupe et rations de survie feront de ce repas sous les étoiles et loin de tous … notre meilleur souvenir du raid !!

Dodo sous les tentes , en écoutant les petits bruits de la nature…

 

Lundi 17 Aout, dans les Gorges

 

Réveil avant l’aube, petit déjeuner rapide, et nous voilà repartis vers l’arrivée d’hier.

Plus besoin de phares, tout va bien !

On a bien fait de s’arrêter car la piste est magnifique, passant par des petits cols et au travers d’une réserve nationale… avec quelques animaux visibles, de bon matin. On passe à l’ouest de Dalandzadgad, ville importante du Gobi.

Sylvain a des problèmes de fuite d’huile et d’allumage et finit à la ficelle en arrivant au Ger Camp.

Même pas le temps de se doucher… entre la mécanique, le déjeuner et le briefing, fait par Vincent, il faut déjà repartir sans avoir révisé les autos comme il faudrait. Tant pis, faut que ça tienne !

Pas de spéciale aujourd’hui. Nous traversons des villages et passons dans un site de terre rouge ravinée, style western. Dans une immense ligne droite de tôle ondulée, Johnny casse son châssis à l’avant. On attend avec eux en plein cagnard l’arrivée du Pinzgauer d’assistance pour ressouder. Puis arrivée à Mandalovo où le Doc est reçu à l’hôpital rustique. Très en retard, on ne verra pas cette réception… Le Doc offre des cartons de médicaments, si précieux dans ce coin paumé. L’accueil est vraiment très chaleureux.

L’arrivée au bivouac de Chuluu est folklorique, avec quelques plantages dans un banc de sable et un vent violent. On attend un peu que le soleil baisse en prenant un bon apéro sudiste… et le vent se calme, nous permettant de monter les tentes tranquillement. L’équipe de Mongolie Voyage qui assure l’intendance a déjà allumé les 3 fourneaux mobiles à bois et nous concocte encore un savoureux dîner sous les étoiles.

L’endroit est très chouette, dans le lit d’un oued à sec entouré de collines. Dodo sous les 2'' !

 

Mardi 18 Aout, Bivouac dans l’oued à Ongyn


On repart sous le grand soleil en longeant l’oued à sec, non sans qu’Eric refasse entièrement une traverse avt d’un concurrent, au moment de partir… Entre Yves, Eric et Girod Roux, les concurrents débutants auront été gâtés durant tout ce raid !

A la sortie, une colline tapissée de temples détruits par les soviets… Ongiyn Monastère en ruine. La première spéciale du jour est annulée car jugée trop cassante, le long d’une ligne électrique … Dommage, elle était faisable. Après pas mal de piste le long des poteaux, nous arrivons sous un début de vent de sable, au départ de « Jumping Jack », spéciale longue de 46 kms.

On casse la croûte dans les voitures balayées par un vent violent. La visibilité est faible.

La spéciale est magnifique, mais avec le vent de face, on ne dépasse guère les 80 km/h… au début du moins. Nous pensons même avoir un problème moteur ! On passera notre temps à scruter la vitesse au Gps  pour se mettre sur le rapport optimum… Puis le ciel se dégage et le vent faiblit… On en profite pour envoyer du gaz et faire des jumps !! Criquette saute à plat de bosse en bosse, donnant une bonne sensation de sécurité… quel plaisir !

Au final, on remporte cette épreuve malgré une erreur de piste, peu avant l’arrivée. René suit à 20 sec, Sylvain à 21 s, Eric à 44 s, Yves à 1mn35 et Michel à 10mn21. On est super contents, à part Michel qui perd du terrain.

La piste devient difficile, passe par des rochers superbes qui poussent çà et là. On fait des photos, notamment sur un monument style Menhir qui domine plusieurs vallées. La piste monte ensuite et l’orage gronde lorsqu’on arrive au bivouac prévu… il y a des rochers partout et on se demande où poser la tente, sous la pluie battante.

Là, du coup, c’est moi qui ne vais pas fort, j’ai froid partout. Le coin est plein de caillasse, et serait agréable par beau temps… mais là !! Face à l’adversité, JP décide de continuer plus loin vers un camp de yourtes non prévu… et limite salubre. On passe un col en rocher, pas facile, style rallye des Cimes. Vu l’état des troupes, la pluie battante et la nuit qui tombe, personne ne fait le difficile sur les yourtes moisies et les sanitaires… Pendant que tout le monde rentre dans la salle principale pour s’abriter, je cours chercher des WC… Ya le feu, je claque des dents…. un long temps après, Yves et Benoit me récupèrent à la limite du hors jeu… il faudra une bonne heure de massage et de chaleur pour récupérer d’une méchante hypothermie… grâce à plein de petites mains habiles !!

Merci les copains !

 

Mercredi 19 Aout, Ger Camp Bayan Balag


Ce matin ça va… j’ai bien récupéré !

Il y a du taf sur les caisses. Je change mes vis platinées encore collées et recale l’allumage qui cafouillait hier. Et dire qu’on a pas eu le temps de monter l’allumage électronique… quelle faille !

On part dans les derniers, comme presque tous les jours. Cela me change des derniers raids où nous partions toujours devant. Du coup, les arrêts sont nombreux au fil des deuches en panne. C’est une vision très différente, mais qui me plait bien… avec des rencontres sympas.

Pistes pas terribles aujourd’hui, avec de la tôle ondulée. Nos deuches sont parfaites en spéciale, mais sur la tôle, on souffre beaucoup d’une suspension trop raide ! La caisse semble se désintégrer et les deuches à suspension de série passent beaucoup mieux, of course !

Nous roulons plutôt vite sur cette tôle. Ne voyant plus Sylvain et Johnny, on s’arrête. Une deuche nous informe que la 30 est en panne à 20 min derrière, suspension AVD cassée. Yep nous passe un flasque au cas où et on repart en sens inverse. La fixation de l’amorto AV sur le bras est arrachée, sans doute fatiguée par l’amortisseur plié. Pas de solution car j’ai fait la bêtise de couper les fixations de flasques AV…. et Sylvain repart sans amorto avd … et mollo car la fixation du tiran est fragilisée. Nous sommes en retard de plus d’une heure sur le temps imparti pour se présenter au départ de la dernière spéciale. On fonce pour limiter la casse. Heureusement, il y a beaucoup de deuches dans ce cas et le départ est patient !

On part fort pour ces 44 kms de la der des der du raid « Le Pas du Loup ». La seconde place au général se joue là, entre Yves et Brigitte et nous, à une minute prés.

Le road book nous fait un peu peur, car au bout de 20 kms, JP a dessiné des trucs tout en pointillés et averti au briefing qu’on se perdrait tous !

Sylvain étant loin et handicapé, on décide de partir derrière Yep, assez fort en navigation, et qu’on devrait rattraper avant cette zone difficile. Attaque maxi avec une auto au top, on revient dans la poussière très dense de Yep au bout de 15 kms. Impossible de revenir au contact pour doubler. J’essaie plusieurs fois, dont une qui se solde par une sortie magistrale dans la garrigue,  sans bobo heureusement… ça sent bon les herbes… sans doute le buisson qu’on vient de traverser ! Finalement, il nous voit et se gare, juste avant un changement de direction 90 gauche ! Dans l’effervescence et la poussière, on file tout droit sur un bon kilomètre avant de s’apercevoir de notre erreur. Demi tour et retour sur la vraie piste.

Sur le coup, j’éclate de rire… Yep aurait-il cogité ce coup-là ? Si oui, c’est carrément génial… je ne sais pas pourquoi, mais je pense à Frantz, le Marseillais, qui m’en avait fait une belle comme ça, au Tunisie 2004...

Maintenant nous sommes seuls, et voilà la zone délicate qui arrive. Très vite, on se perd. Les images du road book deviennent étrangères et inutiles. Reste le cap Gps qu’on suit à peu près. En montant sur une hauteur, on aperçoit une poussière à l’horizon… qui semble être dans la bonne direction. Banzaï, on file vers Yep et le Toy de Pierrot. Nous repassons Yep pour filer jusqu’à l’arrivée.

Là vraiment, on ne pensait pas remporter cette spéciale, après ces jardinages. Yves est à 44sec et Eric second à 8 sec. C’est donc bon pour la deuxième place, de peu !!

Sylvain ne perd que 12 mn, sans casser, ce qui n’est malheureusement pas le cas de René et François qui cassent un tirant dans la spéciale…

On passe par les sources de Khalzan avant de bivouaquer sous des arbres, dans un coin sablonneux très sympa. C’est la première fois qu’on voit des arbres depuis le départ. Il y a du bois à profusion et un feu immense est aussitôt activé.

Apéro et diner décontracté… La partie « course » du raid est terminée. La pression des spéciales retombe, ça fait du bien quand même ! Les vacances commencent ? Certains dorment autour du feu, notamment les jeunes...

Il me semble que des progrès pourraient être fait dans le règlement, au niveau sécurité :

 -D’abord, définir un arceau digne de ce nom et le rendre obligatoire.

 -Ensuite, avoir une liaison entre l’ouvreur, qui fait aussi l’arrivée, et le Doc, au départ.

 -Enfin, écrire les pénalités, pour ne pas avoir à les inventer le soir même, sous la pression.

En tout cas JPL, garde les spéciales… sans cela, on partira mais différemment !

J’ai démonté le bras avt de Sylvain pour une réparation demain matin. Dodo sous les tentes, avec toujours ce ciel incroyable !

 

Jeudi 20 Aout, Bivouac Sources de Kalzan


Beaucoup de travail pour les mécanos ce matin. Vincent gère ça de façon formidable avec son pote. Le poste à souder crépite et la meuleuse n’arrête pas. Le chassis cassé de Johnny est réparé comme il faut, avec des renforts solides. Soudures de flasques, réparation d’amortos, renforts chassis etc… Nous remontons le bras de Sylvain, réparé comme neuf. Un nouveau Gabriel se retrouve tout surpris à l’AV droit !! ça va mieux comme ça…

Le programme de la journée est simple : rouler, rouler et rester groupés ! Evidemment, ça va pas être le cas, avec des pannes multiples… et une piste épouvantable. Sans doute la pire journée du raid, inintéressante, longue et fatigante. Nous longeons une route en construction et les passages compliqués et cassants se répètent sans arrêt.

Nous arrivons enfin en haut d’une colline où trône un ovo immense ; peut être le dernier de Mongolie, car demain nous passerons en Chine.

Le bivouac est sympa, non loin de là, et nous installons nos tentes de nuit, passablement crevés.

Apéro quand même et dernier diner avec l’équipe Mongole qui nous quittera demain matin pour remonter sur UB. Elle aura été parfaite... et d’une gentillesse !!

 

Vendredi 21 Août, Bivouac Hamarin, dans la garrigue


Adieu donc à l’équipe Mongole, dernier petit déjeuner en Mongolie… et on file vers la frontière. Le Doc est inquiet, ne sachant pas vraiment comment ça va se passer !

Il faut dire qu’un passage de voitures françaises venant de Mongolie est une première !

En attendant, on roule sur une piste inintéressante et cassante, un démonte voiture avec une tôle omniprésente.

On se regroupe au monastère Hamarin, perdu de chez perdu… histoire de faire tourner les moulins à prières, et de faire une pause, sous un soleil intense.

Puis nous filons en groupe, les 3 dgé team et Johnny. On s’écarte parfois à gauche ou à droite de la piste principale pourrie. Il y a tellement de pistes plus ou moins parallèles qu’on s’y perd un peu… mais au final, on retombe toujours sur le bon cap… en s’écartant parfois beaucoup !

Et voilà enfin la ville frontière Mongole. On sent une forte activité due au trafic des marchandises chinoises qui arrivent par camions et transbordent dans cette ville, sur le train transmongol. En effet, l’état des pistes vers UB est tellement épouvantable que rares sont les camions qui s’y aventurent… Style salaire de la peur !

Bientôt, dans quelques années, une autoroute reliera la Chine à la Mongolie pour l’invasion finale… en tout cas, vu le peu de moyens engagés, le transmongol a encore des beaux jours devant lui !

Après un bain de foule d’une paire d’heures, on passe la frontière Mongole… sauf Johnny qui reste bloqué par un tampon oublié à l’entrée en Mongolie. Il sera libéré 3 heures plus tard !

Le passage de la frontière Chinoise est ralenti par des coupures répétées d’électricité.

Finalement ça passe sans problème et on gare nos voitures sous l’arc en ciel de l’esplanade.

L’attente des passeports et des plaques d’immatriculation chinoise commence. L’après-midi à rôtir au soleil… les touristes chinois s’en donnent à cœur joie, se prenant en photo devant les deuches.

Finalement toute la caravane part, encadrée par une guide fort rigide et autoritaire.

Comme on est pas là pour marcher au pas, l’ambiance est à la désobéissance…


Hôtel obligatoire en Chine. Là, ce n’est pas du luxe… et la douche de cet hôtel 4 étoiles est un intense moment de bonheur !

C’est donc tous neufs que nous descendons de nos chambres, changer des Yuans et déguster notre premier repas chinois. Il est succulent et copieux ! La table est ronde et un plateau tournant en verre se garnit sans arrêt de plats nouveaux. On tourne pour se servir. La bière chinoise est également très bonne !! Nous donnons du linge à laver dans la nuit et un petit tour en ville s’impose !

La surprise vient au début des vélos et scooters électriques qui sont presque majoritaires. Faire gaffe en traversant, car ils roulent en silence, vite et sans lumière, évidemment ! Dodo dans un grand lit douillet.

 

Samedi 22 Aout, hôtel Ermerin, Chine

 

Le petit déjeuner chinois est spécial, pas vraiment à notre goût… café inconnu et thé pas facile à obtenir. Les chinois bouffent le matin des trucs insensés qui nous retournent l’estomac !

On se débrouille quand même pour trouver quelques trucs sympas et pour ne pas déjeuner en face d’un chinois…

Au sortir de la ville, autoroute et des immenses dinosaures posés çà et là au bord de la route…

On est chez Mickey ? En tout cas très surprenant ! Le goudron déroule. Après un contrôle de police, on s’aperçoit que notre réservoir est en train de tomber ! La goulotte est cassée et les vis de fixation sur la traverse arrière se sont barrées. Démontage et remontage, réparation au scotch W de la goulotte.

Plus loin, c’est mon allumage qui tombe en carafe… Ça va bien aujourd’hui ! On se gare avec René et Sylvain sous des petits arbres car belzebuth cogne fort sur le coup de midi.

Encore les vis collées… Je remonte trop vite, pressé par JPL, en oubliant de serrer la vis du ventilo ! Plus loin, dans une traversée de village artisanal de ferrailleurs en tout genre, on s’aperçoit de la faille. Le filetage est un peu abîmé en bout de vilo et la vis est naze.

On trouve une vis chez le quincaillier du coin qu’on meule pour le passage de la clé de 14.

Et le tout entourés par une foule de curieux qui nous regardent comme des martiens !

Ils ne doivent pas voir des voitures étrangères tous les jours par ici !

Et ça repart... les maisons de terre et chaume de la Chine traditionnelle jalonnent la route.

Les lopins de terre sont tous entretenus avec soin. Il y a de tout par ici, on voit que ça bosse !

Plus loin dans un gros village animé, les attroupements autour des voitures sont incroyables. Julie est prise en photo et regardée comme une ovni. La tête et le regard des gens sont des images qui resteront. Ici, on est bien loin des grandes métropoles chinoises, déjà émancipées.

Le marché est coloré avec des légumes et des fruits partout. On croise de tout sur la route…

Des petits tracteurs monocylindre ultra bricolés, des moutons vivants attachés sur les motos, des camions bons pour la ferraille qui roulent à bloc sur l’autoroute… et des belles voitures noires aussi ! Une vigilance constante est de rigueur pour rouler en Chine. Une fois qu’on a assimilé les rudiments du code chinois… tout va bien ! Sur les autoroutes, les camions roulent à gauche… on double donc sur la bande d’arrêt d’urgence, parfois encombrée de véhicules en panne ou de charrettes… c’est chaud !

L’étape du soir est dans un hôtel à touristes, un truc qu’on redoute. France 2 est là pour faire le reportage… comme quoi, mon contact a fonctionné !! il est donc pas inutile de travailler du côté des médias, d’autant que leur petit sujet sera pas mal fait du tout, avec quelques images données par Daniel sur la partie Mongole.

Dîner quelconque dans le bruit et petit spectacle de nuit sur l’esplanade. Dodo.

 

Dimanche 23 Août, Tourist Hôtel


Le petit dej n’est pas mangeable ce matin, on se rabat sur un café au cul de la deuche. Merci Danielle ! Tout le monde se casse vite fait vers les montagnes verdoyantes.

A la mi journée, JPL nous a concocté un jeu de piste dans les maïs… tout le monde se perd, dans un coin sans véritable intérêt. On tombe en panne d’allumage, encore !

La 30 fait de l’huile et pétarade… une bonne révision devient urgente.

Quelques cols dans une région montagneuse très belle, le tout sur des routes en parfait état.

Avec le retard pris, nous arrivons dans une zone de travaux quand la nuit tombe. La piste devient très mauvaise et on décide de chercher un bouiboui dans un village. Le resto est plutôt archaïque avec une cuisine qui n’a pas dû évoluer depuis le moyen âge. Tant pis, on s’y risque ! Finalement, nous mangeons plutôt bien pour 10 yuans (1euro) par personne !

Nous arrivons donc de nuit et à la fin du repas à Simataï, au pied de la grande muraille.

Le coin est sympa. Dodo dans des chambres à 3.

 

Lundi 24 Aout, Simataï, grande Muraille


On s’équipe pour la marche et la montée se fait par un télécabine suivi d’un funiculaire.

Idéal pour moi… et d’autres !! Après une grimpette finale, nous voilà enfin sur la muraille de Chine ! C’est vraiment un choc. Elle serpente à perte de vue sur la crête, jalonnée de forts tous les 200 mètres.

Le temps est brumeux, c’est dommage. Photos et films de rigueur. Il y a très peu de monde ici et on peut vraiment en profiter à bloc.

Nous redescendons à pied vers le lac tout en bas, d’autres empruntent une tyrolienne en poussant des cris dans la montagne.

Nous roulons maintenant par les montagnes vers Chengde. Très vite, c’est la panne pour Sylvain dont le moteur est à l’agonie. Carbu, allumage, bougies… rien n’y fait, et on repart sous les pétarades.

Après une marche pour visiter des temples perchés sur 2 pitons, nous arrivons à Chengde, grande ville moderne au nord est de Pékin. Le parking de l’hôtel se remplit de deuches. Un service de lavage de voiture est même mis à contribution par de nombreux concurrents, dont nous. Ils sautent à 10 sur nos deuches, nettoyage intérieur/extérieur pour 20 yuans ! Arrivés encore trop tard, on se fait refouler à l’entrée des fameux jardins de la résidence d’été.

Tant pis, nous en profitons pour déambuler dans ces rues grouillantes. Achat de thé.

Superbes piaules ce soir et diner de gala avec la remise des prix… avec la fameuse coupe JPL constituée d’un cache culbuteur de vieille, d’un morceau d’amorto Booge vert et d’une coupelle de ressort de suspension de 2cv.

Ceci pour répondre à une question courante : qu’est-ce que vous gagnez ?

Eric et Nadja ont survolé ce raid et méritent vraiment cette plus haute marche.

Le challenge fixé par le Dgé Team est atteint, avec les 3 dans les 10 premiers !

Johnny a acheté un vélo électrique… on essaie tous ce truc super, inconnu en France. Rigolade.

A 125 euros, il y en aura bientôt 4 démontés dans les voitures !

 

Mardi 25 Aout, Chengde


Aujourd’hui plus de 400 kms jusqu’au port de Tianjin. Cela va être une journée très dure pour nous ! D’abord, le moteur de Sylvain est à l’agonie et tombera en carafe 20 fois dans cette journée.

On commence par une partie de mécanique dans une ferme chinoise… avec René et l’assistance. Puis, après de nombreux arrêts pour la 2cv de René qui souffre aussi, on rattrape la deuche accidentée. Ceux-là ont eu de la chance et roulent tant bien que mal avant de terminer en triangle derrière le Toy.

On arrive sur la voie royale en dernier, Sylvain à la ficelle derrière criquette. Photos.

Mécanique encore, culbut et vérifs de tous les réglages sur la 30. Y'a un truc qu’on trouve pas...

Ce coin du tombeau des Mings est superbe avec des sculptures tout le long d’une voie pavée.

On attaque ensuite l’autoroute sur 300 kms, avec des moments forts dans le brouillard d’une pollution omniprésente et un trafic énorme de camions en tout genre.

René roule à 50, on ne sait pas pourquoi, malgré nos démontages répétés sur la bande d’arrêt d’urgence… on en mène pas large !

Plus on approche du port, plus le trafic devient intense, avec une pollution qui nous prend à la gorge… Il y a tellement de centrales thermiques au charbon dans ce pays… La deuche de Sylvain n’en veut plus. On rentre dans le coin du port à la nuit tombante, avec 2h de retard et tractant la 30 à la corde... criquette commence aussi à donner des signes d’essoufflement !

On se perd dans le trafic… pour aboutir de nuit dans un vaste chantier. Nous sommes perdus, en panne et au bout du rouleau. En tout cas, incapables d’une décision cohérente.

Le salut vient du téléphone qui sonne : Michel est au bout, ils s’inquiètent. Sylvain lui balance notre point Gps et voilà bientôt le Toy blanc du Doc qui rapplique. Il nous ramène à la corde jusque dans l’entrepôt où attendent tous les autres depuis longtemps. Ouf ! Quel final galère pour nous ! Le temps de prendre nos sacs et nous voilà dans le bus qui nous amène vers Pékin.

Arrêt dîner dans un resto et dodo dans le bus.

Nous arrivons à Pékin vers 1h du mat. L’hôtel est superbe et on s’écroule littéralement dans nos lits immenses.

 

Mercredi 26 Août , Pékin


Au programme de notre premier jour à Pékin et sans deuche, le traditionnel Palais Impérial et les Jardins d’Eté.

Un peu galère derrière la guide et son drapeau, et au milieu d’une foule impressionnante.

Ce qui nous surprend le plus d’entrée, c'est que cette foule est composée à 99% de touristes Chinois ! Si l’on songe au nombre de chinois restant, les perspectives touristiques de la Chine sont plutôt encourageantes ! Pas vraiment besoin des étrangers…

Bon, c’est beau, c’est grand, faut l’avoir vu… moi je préfère les jardins et il sont superbes !


Inévitablement, le bus s’arrête plus loin au marché de la soie… ça me rappelle les voyages Fram au Maroc… certains repartent avec les bras chargés, dire que c’est efficace !

Puis les jardins d’été. Là nous sommes bien ! La promenade autour du grand lac est reposante, avec des jardins tout en douceur et des arbres reposants. Au bord des criques garnies de nénuphars, nous regardons passer les bateaux de promenade… C’est beau !

A la sortie, le bus nous attend… vite, vite ! Nous étions biens ici pourtant !

Surtout que rebelote, le show bizz continue, en plus raffiné !

Nous atterrissons dans un institut spécialisé dans la médecine chinoise, et notamment le fameux massage des pieds. Exposé par une doctoresse maîtrisant fort bien le français… puis massage individuel, fort agréable au demeurant. Ensuite ça se complique quand une armée de docteurs nous font un examen à la chinoise… d’où il découle un traitement avec des plantes… et un devis plutôt costaud, à payer cash évidemment en l’attente de l’envoi certain des fameux produits. La pression est quand même un peu forte, et ça sent l’arnaque… On se tire de là ! Retour à l’hôtel épuisés par des kilomètres de marche à pied… et par la dernière halte.

Bon dîner avant de s’écrouler dans nos lits douillets.

 

Jeudi 27 Août, Pékin

 

Les enfants partent de leur côté, nous du nôtre ! On doit prendre contact avec Nicolas Carré, notre neveu bourlingueur, qui habite ici depuis 10 ans et travaille dans la restauration.

Le rendez vous est fixé au Café de la poste, restaurant français, babacool et déjanté, plutôt tendance Tibétaine et Népalaise …en fait un de nos sponsor, déçu de ne pouvoir voir la deuche garée devant le resto, mais adorable ! On s’y sent tellement bien, qu’on ne peut résister au pavé de bœuf, frites, salades, gâteau au chocolat, le tout largement arrosé d’un rosé du Gard impeccable ! Non mais !!

Nicolas débarque sur ces entremets, et nous guide ensuite dans le Temple tout proche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par dge_team à 13:04 - 3.6.1 - Le récit du raid - Commentaires [2] - Permalien [#]

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